Quand un piano donne envie de chanter : rencontre autour d’un Bechstein Studio 120

Il y a des vidéos qui parlent d’un instrument.

Et puis il y a celles qui parlent avant tout de rencontres.

Chez Desevedavy Pianos, les journées sont souvent rythmées par les arrivages de pianos, les essais, les réglages et les concerts. Mais parfois, la musique crée des croisements inattendus entre des artistes venus de différents horizons.

C’est exactement ce qui s’est produit lors de la venue à Nantes de Frances Madden.

À l’occasion de plusieurs concerts partagés avec Armel Dupas, la chanteuse, pianiste et compositrice australienne a accepté de découvrir quelques-uns des instruments du showroom. Parmi eux, un piano attire particulièrement l’attention depuis son arrivée : un magnifique C. Bechstein Studio 120 de 1995.

Un piano d’occasion soigneusement préparé par l’atelier Desevedavy, dont la personnalité ne laisse généralement personne indifférent.


Une rencontre entre l’Australie, l’Allemagne et Nantes

La musique possède cette faculté étonnante de relier des mondes très éloignés.

D’un côté, Frances Madden, qui a grandi à Sydney, formée d’abord au piano classique avant de tomber amoureuse du jazz grâce aux disques d’Ella Fitzgerald, d’Nat King Cole et d’Oscar Peterson.

De l’autre, un piano allemand fabriqué trente ans plus tôt.

Et au milieu, un showroom nantais rempli d’instruments, de passionnés et de musiciens de passage.

Ce sont souvent ces contextes improbables qui permettent de découvrir un instrument autrement.


Un piano qui donne immédiatement envie de chanter

Lorsqu’un pianiste essaie un instrument, il parle souvent du toucher.

Lorsqu’un technicien l’évalue, il parle de mécanique, de réglages ou d’harmonisation.

Mais lorsqu’une chanteuse s’installe devant un piano et se met spontanément à chanter, c’est généralement qu’il se passe quelque chose.

C’est exactement la réaction qu’a eue Frances Madden.

À peine quelques accords joués, la voix est arrivée naturellement.

Interrogée sur cette réaction instinctive, elle décrit un piano au son :

  • clair
  • délicat
  • chantant
  • mais suffisamment présent pour soutenir la voix

Une caractéristique finalement assez rare.

Certains pianos séduisent par leur puissance.

D’autres impressionnent par leur précision.

Celui-ci semble surtout accompagner naturellement le chant.

Comme si l’instrument invitait à raconter une histoire.


La personnalité d’un Bechstein

Depuis son arrivée au showroom, ce Studio 120 attire régulièrement les pianistes.

Il ne s’agit pourtant pas du plus grand piano de la pièce.

Ni du plus récent.

Mais il possède ce que beaucoup recherchent sans toujours savoir le formuler : une personnalité.

Le travail réalisé par l’atelier Desevedavy a permis d’affiner son équilibre sonore.

Le résultat est un piano qui reste lumineux sans devenir agressif.

Les aigus conservent de la clarté.

Les médiums chantent avec naturel.

Et l’ensemble produit une impression de finesse qui évoque immédiatement la tradition européenne du piano.


Un toucher qui inspire confiance

Au-delà du son, Frances Madden a particulièrement insisté sur le toucher.

Pour une pianiste ayant reçu une formation classique, la résistance du clavier joue un rôle essentiel.

Trop léger, l’instrument peut sembler insaisissable.

Trop lourd, il devient fatigant.

Le Studio 120 semble trouver un équilibre particulièrement convaincant.

Selon ses propres mots, il offre « la bonne proportion de tension ».

Suffisamment de résistance pour se sentir ancrée dans le clavier.

Suffisamment de souplesse pour conserver le plaisir du jeu.

Cette sensation d’ancrage revient plusieurs fois dans la conversation.

Et elle résume peut-être parfaitement ce que recherchent de nombreux pianistes : sentir que l’instrument répond, accompagne et soutient l’intention musicale.


Le tango ne ment jamais

Pour illustrer son ressenti, Frances choisit d’interpréter l’une de ses compositions.

Un tango.

Une musique qui demande à la fois du contrôle, de l’énergie et de la précision.

Quelques mesures suffisent pour comprendre ce qu’elle cherche à exprimer.

Le piano répond avec naturel.

Les nuances s’enchaînent sans effort apparent.

Le toucher accompagne les intentions musicales plutôt que de leur résister.

« The tango never lies », plaisante-t-elle.

Et il y a probablement une part de vérité dans cette phrase.

Certains morceaux révèlent instantanément les qualités d’un instrument.


Plus qu’un piano, une expérience musicale

Ce qui rend ce type de rencontre si intéressant, c’est qu’elle dépasse largement la simple présentation d’un instrument.

Deux pianistes peuvent avoir des ressentis différents.

Un technicien percevra certaines qualités qu’un musicien n’entendra pas immédiatement.

Une chanteuse cherchera parfois quelque chose qu’un pianiste solo ne remarquera même pas.

Et pourtant, lorsque plusieurs sensibilités convergent vers les mêmes impressions, cela mérite souvent qu’on s’y attarde.

Dans le cas de ce Bechstein Studio 120, les mots qui reviennent sont simples :

  • équilibre
  • clarté
  • délicatesse
  • soutien
  • musicalité

Autant de qualités difficiles à mesurer sur une fiche technique.

Mais immédiatement perceptibles lorsqu’on s’assoit devant le clavier.


Le meilleur moyen de comprendre : s’asseoir et jouer

Comme le rappelle souvent Armel Dupas, un piano ne se découvre jamais complètement à travers une vidéo ou un article.

On peut parler du son.

Décrire le toucher.

Comparer les sensations.

Mais rien ne remplace l’instant où l’on pose ses propres mains sur le clavier.

📍 Ce magnifique C. Bechstein Studio 120 de 1995 est actuellement visible et disponible à l’essai chez Desevedavy Pianos.

Et qui sait…

Peut-être vous donnera-t-il, lui aussi, envie de chanter. 🎹🎤