Après sa création en 1942, la maison Desevedavy entre dans une période de développement particulièrement marquante. Portée par la vision de son fondateur, Jules Desevedavy, l’entreprise s’impose progressivement comme une référence du piano à Nantes… puis bien au-delà.
Une croissance portée par une vision forte
Dans l’après-guerre, tout s’accélère.
Jules Desevedavy, jeune patron aveugle mais profondément visionnaire, comprend très tôt l’importance de créer du lien autour de la musique. Il développe un réseau solide de professeurs, de musiciens et d’institutions, notamment avec le conservatoire de Nantes.
Très vite, les grandes marques françaises de l’époque — Pleyel, Gaveau, Érard — trouvent leur place dans le magasin. La maison devient un passage incontournable pour les pianistes de la région.
Autre intuition forte : la présence à la Foire commerciale de Nantes. Desevedavy Pianos en devient l’un des exposants les plus fidèles, contribuant à asseoir sa notoriété auprès d’un public toujours plus large.
Une maison qui se diversifie
Au fil des années, l’entreprise ne se limite plus au piano.
Elle s’ouvre progressivement à d’autres instruments :
harmoniums, violons, instruments à vent, accordéons, percussions… jusqu’à la librairie musicale.
Cette diversification s’appuie sur une règle simple, mais fondatrice :
👉 « On ne vend que ce qu’on est capable de réparer. »
Ce principe structure encore aujourd’hui l’identité de la maison. Il place le savoir-faire technique au cœur du projet, avec une équipe d’accordeurs et de techniciens hautement qualifiés.
L’atelier devient alors bien plus qu’un simple service : un pilier.
Un rayonnement qui dépasse la région
Le développement se poursuit avec l’ouverture de nouveaux magasins, notamment à Angers dès les années 60.
La maison gagne en ampleur et en visibilité. Elle noue des partenariats avec des événements majeurs et participe à la vie culturelle locale, notamment à Nantes.
Desevedavy développe également une activité de location de pianos de concert, en lien avec des festivals et des institutions. Certains instruments voyagent même à l’international, embarqués à bord de prestigieux navires comme le Queen Mary 2.
Le piano devient ainsi un véritable ambassadeur.
Un engagement total
Jules Desevedavy incarne pleinement son entreprise.
Il vit au-dessus du magasin, ouvre la boutique le matin, la ferme le soir. Cette implication totale participe à la dynamique de développement… mais révèle aussi certaines limites.
Car si l’entourage technique et commercial est solide, la direction reste très centralisée.
Un tournant progressif dans les années 70
À partir des années 70, le contexte change profondément.
Le marché évolue :
les instruments se transforment,
les pratiques musicales changent,
les premières formes de modernisation apparaissent.
Face à ces mutations, l’entreprise peine à s’adapter. Les décisions restent concentrées, la transmission devient complexe, et plusieurs tentatives de reprise échouent.
Peu à peu, la croissance ralentit.
L’innovation marque le pas, alors même que le secteur connaît de profonds bouleversements : arrivée des instruments électriques, puis numériques, transformation du commerce, évolution des usages.
Un retard qui s’installe.
Une période charnière
La fin des années 70 et les décennies suivantes marquent une période plus fragile.
L’entreprise, autrefois en pleine expansion, entre dans une phase de transition difficile. Les repères changent, le marché aussi.
Mais cette période, aussi délicate soit-elle, prépare en réalité la suite de l’histoire.
Une nouvelle étape, faite de remises en question, de transmission et de renaissance.
📍 Aujourd’hui encore, à Nantes, Desevedavy Pianos porte l’héritage de ces années fondatrices :
un équilibre entre passion musicale, exigence technique et attachement profond à l’instrument.