Un nouveau clavier arrive au magasin, et la première envie est toujours la même : s’asseoir et jouer. Pour découvrir le Nord Electro 7 HP, Armel Dupas a installé à ses côtés deux instruments bien connus : son prédécesseur, l’Electro 6 HP, et le Nord Stage 4 88.
L’objectif de cette rencontre chez Desevedavy Pianos : comprendre ce que cette nouvelle génération apporte sous les doigts, à l’oreille et dans la pratique. Avec une question en filigrane : jusqu’où l’Electro peut-il aller, et que reste-t-il au Stage ?
Un nouveau clavier Kawai : les sensations d’abord
La première évolution du Nord Electro 7 HP se découvre avant même de parcourir ses sons : sa mécanique à marteaux, développée avec Kawai. Cette version conserve un clavier de 73 touches, dans un format pensé pour les musiciens qui transportent leur instrument.
Dès les premières notes, Armel apprécie la sensation de surface des touches et la douceur du jeu. En passant d’un clavier à l’autre, il nuance toutefois son premier enthousiasme : l’écart avec l’Electro 6 HP n’est pas immense. Il relève surtout une texture différente et une réponse qu’il ressent comme plus progressive.
Face au Stage 4, le nouveau venu lui procure une sensation plus proche du piano. Un avis personnel, lié à sa manière de jouer, qui rappelle combien le toucher mérite un essai en magasin. Une vidéo permet d’entendre les nuances ; elle ne transmet pas la résistance et le retour d’une touche sous les doigts.
L’orgue : le plaisir de façonner son son
Pour comparer les orgues, Armel fait un détour par l’univers de Jimmy Smith. Quelques mesures suffisent à retrouver ce mélange de rondeur, de mouvement et de swing qui donne envie de prolonger l’essai.
L’Electro 7 bénéficie d’un moteur d’orgue dérivé du Nord Organ 3. Sa version HP reçoit également des tirettes physiques, là où l’Electro 6 HP utilisait des boutons. Le geste devient plus direct : on tient un accord, on déplace une tirette et l’on entend immédiatement la couleur se transformer.
La simulation de cabine rotative propose aussi trois perspectives de microphones, accessibles depuis le panneau. Le son paraît plus proche, plus ouvert, différemment réparti dans l’espace. Ce sont des variations subtiles, mais elles comptent lorsqu’on cherche une couleur précise.
Dans cet essai, Armel souligne d’ailleurs autant l’intérêt de ces commandes que les différences sonores entre les trois instruments.
Une basse à gauche, un Rhodes à droite : le test du quotidien
La troisième partie répond à une situation familière aux musiciens de scène : accompagner une chanteuse avec un batteur, tout en assurant la basse et l’harmonie.
Le clavier est partagé en deux. À gauche, une basse ; à droite, un piano électrique de type Rhodes.
L’Electro 6 HP permet de préparer cette configuration rapidement. Son fonctionnement reste accessible, même si les possibilités de transformation du son et certains traitements partagés imposent des limites.
L’Electro 7 élargit les possibilités avec une section synthé qui associe échantillons, synthèse analogique virtuelle et FM. Armel y trouve rapidement une basse adaptée à son accompagnement, en partant d’un préréglage. Le Pitch Stick et la molette de modulation viennent compléter les moyens d’expression.
Ce qui le séduit ici, c’est de pouvoir obtenir un résultat musical sans passer trop de temps à programmer.
Que reste-t-il au Nord Stage 4 ?
Le Stage 4 montre son intérêt lorsque l’arrangement s’enrichit. Armel ajoute un piano acoustique au Rhodes, ajuste leur équilibre, puis fait intervenir une autre couche sonore.
Cette capacité à combiner plusieurs sons d’une même section, avec des traitements plus détaillés, offre davantage de liberté pour préparer des accompagnements élaborés ou des changements d’ambiance au cours d’un morceau.
Elle demande aussi du temps pour construire ses réglages. Dans cette démonstration, Armel arrive plus rapidement au résultat souhaité sur l’Electro 7. Le choix dépend donc beaucoup du répertoire et de la place que chacun souhaite donner à la programmation.
Lequel donne envie de jouer ?
À l’issue de cet essai, l’Electro 6 HP reste un instrument plaisant et efficace. L’Electro 7 HP séduit Armel par son toucher, ses nouvelles possibilités et sa facilité d’approche. Le Stage 4 conserve l’avantage lorsqu’il s’agit de construire des configurations plus complexes.
Pour se décider, le meilleur point de départ reste sa propre musique : les sons que l’on utilise vraiment, les gestes que l’on aime retrouver et les besoins rencontrés sur scène.
Retrouvez le comparatif en vidéo, enregistré en prise directe, puis venez essayer ces claviers chez Desevedavy Pianos à Nantes. Prenez si possible un casque pour l’écoute… et quelques morceaux familiers pour l’essai !