Beaucoup de pianos dorment dans des salons, des greniers ou des caves, abîmés par l’humidité, le temps ou l’usage.
Et pourtant, derrière la poussière, la rouille ou les feutres usés, se cache souvent un instrument d’une beauté insoupçonnée.
C’est tout le sens du travail mené dans les ateliers Desevedavy : redonner une âme, une voix et une dignité à des pianos parfois centenaires.
Aujourd’hui, nous partageons l’histoire d’un Pleyel 3 bis de 1907, restauré par Élise Jallais, technicienne chez Desevedavy Pianos à Nantes.
130 heures de travail, des gestes millimétrés, et une passion pour l’artisanat qui ne laisse rien au hasard.
1/ Un piano marqué par le temps
Lorsque ce Pleyel est arrivé à l’atelier, son état racontait immédiatement son histoire :
- un dégât des eaux avait oxydé les cordes,
- les chevilles avaient rouillé,
- feutres et cuirs étaient moisis,
- l’ivoire du clavier était jauni, fissuré, parfois manquant,
- et les marteaux, à force d’avoir tant servi, avaient fini… carrés.
Un état qui pourrait décourager n’importe quel amateur.
Mais pour un technicien, c’est une invitation : celle de redonner vie à ce qui semble perdu.
2/ Restaurer la structure acoustique : précision et patience
La première étape a consisté à remettre en état la structure interne — le cœur sonore du piano.
• Retrait des cordes et changement du sommier
Toutes les cordes et chevilles oxydées ont été retirées pour permettre un remplacement complet du sommier.
• Réalisation des feutres de pression
Ces feutres, découpés sur mesure, accueillent les nouvelles cordes.
Un travail de précision qui conditionne la stabilité future de l’accord.
• Polissage des agrafes
Les petites pièces en laiton qui guident chaque corde ont été polies une par une pour retrouver leur éclat et garantir un trajet propre à la vibration.
• Nettoyage et lustrage de la table d’harmonie
La “voix” du piano — sa table d’harmonie — a été entièrement nettoyée et lustrée, révélant le bois d’origine et redonnant à l’instrument sa présence visuelle.
3/ La mécanique : remettre en mouvement les doigts du piano
La mécanique est la partie la plus vivante du piano, celle qui traduit le geste en son.
Sur ce Pleyel, elle demandait un travail en profondeur.
• Remplacement des feutres et cuirs d’attrapes
Ces petites pièces permettent de rattraper les marteaux après l’impact.
Usées, elles compromettaient le fonctionnement, mais une fois changées, tout retrouve sa précision.
• Polissage des peignes et re-feutrage des marteaux
Les peignes (les structures qui accueillent les marteaux) ont été polis,
puis les marteaux entièrement re-feutrés avant d’être remontés dans la mécanique.
Un travail long, délicat, qui demande une connaissance intime de la résistance et du comportement de chaque élément.
• Rénovation du clavier en ivoire
Les ivoires manquants ont été remplacés.
L’ensemble a été nettoyé et poli pour retrouver son éclat d’origine et offrir un toucher doux et régulier.
• Nouveau plan de cordes et re-feutrage des étouffoirs
Les anciens étouffoirs n’assuraient plus leur rôle.
Re-feutrés, ils garantissent désormais une netteté impeccable dans l’arrêt du son.
4/ Les finitions : redonner au piano sa présence esthétique
Un piano ancien, ce n’est pas seulement un instrument : c’est aussi un meuble d’art.
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