Comparatif Yamaha YDP-146 vs Kawai CX102

Choisir son premier piano numérique, c’est souvent commencer par comparer des caractéristiques. Le nombre de sons, la puissance des haut-parleurs, les applications… Tout cela compte. Mais une fois assis devant le clavier, une autre question prend le dessus : est-ce que cet instrument me donne envie de jouer ?

Pour vous aider à y répondre, Armel Dupas, pianiste et artiste en résidence chez Desevedavy Pianos, a installé côte à côte le Yamaha Arius YDP-146 et le Kawai CX102. Deux pianos numériques meubles destinés notamment aux personnes qui commencent ou reprennent le piano.

Au fil des essais, des mêmes passages musicaux et de quelques découvertes dans les réglages, deux personnalités se dessinent. Avec une surprise : la première impression n’est pas toujours celle que l’on conserve jusqu’au bout.

Un comparatif à hauteur de pianiste

Armel connaît les deux maisons pour avoir joué et possédé des instruments Yamaha et Kawai. Il aborde cet essai avec ses habitudes de musicien, ses préférences et une intention : expliquer ce qu’il ressent pour vous aider à trouver ce qui pourrait vous correspondre.

Le comparatif commence sur les haut-parleurs des instruments, avec une prise de son placée à proximité du pianiste. Il se poursuit au casque, afin d’explorer une autre situation très courante : jouer chez soi, dans sa bulle, sans faire profiter toute la maison de ses exercices.

Les conditions d’écoute ont leur importance. La position du microphone par rapport aux deux meubles influence la restitution des graves et des aigus. Les extraits constituent donc des repères pour écouter leurs différences, à compléter idéalement par un essai en magasin.

Avant la première note, le clavier donne déjà des indices

Le bruit des touches : un détail qui compte à la maison

La comparaison commence avec les pianos éteints.

Pourquoi ? Parce qu’un clavier produit un bruit mécanique, même lorsque le son musical passe uniquement dans un casque. Pour une personne installée à côté, ce sont ces petits chocs et ces mouvements de touches qui restent audibles.

Sur les deux exemplaires essayés, Armel perçoit un bruit plus sourd sur le Kawai et plus claquant sur le Yamaha. Le CX102 lui semble donc plus discret mécaniquement.

Ce n’est pas forcément le premier critère auquel on pense lors d’un achat. Pourtant, dans un salon partagé ou pour une pratique en soirée, il mérite quelques secondes d’attention.

Deux résistances différentes sous les doigts

Le Yamaha YDP-146 possède un clavier GHS, tandis que le Kawai CX102 utilise la mécanique Responsive Hammer Lite. Tous deux proposent 88 touches avec un lestage gradué.

Dans cet essai, Armel trouve davantage de résistance et de maintien sur le Yamaha. Le Kawai lui paraît plus léger, avec une sensation qui demande un petit temps d’adaptation.

Habitué aux pianos acoustiques, il se sent personnellement plus à l’aise avec la consistance du Yamaha. D’autres pianistes pourront apprécier la légèreté du Kawai.

L’enjeu est de sentir sur quel clavier on parvient à doser son geste avec confiance : accompagner doucement, faire ressortir une mélodie ou répéter une note sans se crisper.

Sur les haut-parleurs : comment le piano répond-il au geste ?

Pour entrer dans le son, Armel reprend un repère familier de ses vidéos : un arpège de mi bémol majeur. Le même parcours dans les registres permet d’écouter la couleur, l’équilibre et la manière dont les notes se prolongent.

Sur le Yamaha, il décrit une sensation enveloppante et un rapport naturel entre l’énergie donnée au clavier et le son reçu. Sur le Kawai, le réglage de départ lui donne une impression plus distante, avec une tenue de note qu’il trouve moins proche de ses repères acoustiques.

Ces impressions se précisent avec un extrait de « Comme un écho lointain », sa composition également arrangée pour son trio.

Dans une phrase musicale, le toucher et le son deviennent difficiles à séparer. Ce que les doigts rencontrent influence la manière de jouer ; ce que les oreilles reçoivent invite à ajuster le geste. C’est cette relation qu’Armel cherche à décrire lorsqu’il parle de profondeur ou de sensation enveloppante.

Plus de watts ne signifie pas automatiquement plus de présence

Le Kawai annonce une amplification de 2 × 11 watts, contre 2 × 8 watts pour le Yamaha.

Pourtant, Armel ne ressent pas simplement « davantage de son » sur le Kawai. À ses oreilles, la réponse diffère surtout par sa couleur et par la sensation qu’elle lui procure lorsqu’il joue.

Un point utile à retenir : la puissance annoncée ne suffit pas à départager deux instruments. Le meilleur test reste de jouer à un volume proche de celui que vous utiliserez à la maison, puis d’écouter comment le piano accompagne vos nuances.

Au casque : deux pianos de concert à découvrir

Le YDP-146 fait entendre une sonorité issue du Yamaha CFX. Le CX102 s’appuie sur le Shigeru Kawai SK-EX. Deux pianos à queue de concert qui servent de point de départ à leur univers sonore.

Au casque, Armel apprécie la clarté et la délicatesse du Kawai, tout en ressentant une certaine distance avec le son. Il se sent davantage entouré avec le Yamaha dans les réglages utilisés pour l’essai.

Cette perception d’espace est personnelle. Elle dépend aussi du casque et des réglages sélectionnés. Pour quelqu’un qui pratique principalement ainsi, prendre le temps de comparer les deux avec son propre casque sera particulièrement instructif.

Mais l’essai du Kawai est loin d’être terminé.

Le Kawai CX102 réserve sa surprise dans PianoRemote

Quelques réglages peuvent changer l’envie de jouer

En ouvrant l’application PianoRemote, Armel explore les variantes de piano, puis le Virtual Technician, qui permet de personnaliser plusieurs aspects de la réponse sonore.

Il passe d’un caractère brillant à une couleur plus sombre, puis découvre le réglage « Full ». Son rapport à l’instrument évolue : le son lui paraît plus ouvert, plus inspirant, et lui donne envie de prolonger le jeu.

C’est l’un des moments les plus intéressants du comparatif. Le clavier est le même, mais la réponse sonore modifiée transforme la sensation musicale.

Avant de conclure qu’un piano numérique ne nous convient pas, quelques minutes dans ses réglages peuvent donc être précieuses. Sans chercher à tout modifier, il suffit parfois de trouver une couleur qui répond mieux à ce que l’on aime entendre.

Une basse à gauche, un piano à droite

Le CX102 propose également un mode Split : le clavier peut être partagé entre deux sonorités.

Armel en profite pour associer une basse à la main gauche et un piano électrique à la main droite. Dans la configuration montrée, la pédale prolonge le piano sans maintenir les notes de basse, ce qui permet de conserver un accompagnement propre.

Pour explorer le jazz, travailler une ligne de basse ou varier les plaisirs, cette possibilité apporte une liberté supplémentaire.

Le Yamaha YDP-146 ne propose pas ce partage entre deux sons différents. Son mode Dual permet de superposer des sonorités, tandis que le mode Duo est destiné au jeu côte à côte dans deux zones de même tessiture.

Yamaha Smart Pianist : trouver la réponse qui convient à son jeu

Sur le Yamaha, l’application Smart Pianist donne accès aux sons et aux réglages dans une interface visuelle. Armel montre notamment les différentes ambiances de réverbération, puis s’attarde sur un paramètre moins spectaculaire à l’écran, mais très sensible sous les doigts : la courbe de vélocité.

Le réglage « Hard » ne rend pas les touches plus lourdes

La courbe de vélocité modifie la façon dont le piano traduit votre geste en niveau sonore. Elle ne change pas la résistance mécanique des touches.

Dans cet essai, Armel préfère le réglage « Hard », qui lui permet de mieux retenir les nuances et d’aller chercher des pianissimos plus délicats. Avec un geste comparable, le réglage « Medium » lui donne un résultat plus sonore.

Ce choix correspond à sa manière de jouer et au répertoire présenté. Il illustre surtout l’intérêt d’essayer les différentes courbes : un piano peut sembler plus facile à contrôler lorsqu’on ajuste sa réponse à son propre toucher.

Le Bluetooth audio pour jouer avec sa musique

Le YDP-146 dispose aussi du Bluetooth audio, qui permet de diffuser la musique d’un téléphone dans ses haut-parleurs. Une fonction pratique pour écouter un morceau ou jouer sur un accompagnement.

Le CX102 possède du Bluetooth MIDI, utile pour communiquer avec des applications, mais pas de Bluetooth audio. Les deux fonctions répondent à des usages différents : piloter une application ne signifie pas nécessairement pouvoir diffuser le son du téléphone dans le piano.

Yamaha YDP-146 ou Kawai CX102 : lequel vous correspond ?

À l’issue de l’essai, Armel conserve une préférence pour la consistance du toucher Yamaha et sa sensation sonore enveloppante. Il y retrouve plus immédiatement certains repères de son jeu sur piano acoustique.

Le Kawai CX102 l’a toutefois amené à faire évoluer son jugement. Son clavier léger, ses possibilités de personnalisation et son mode Split constituent une proposition qui mérite d’être explorée au-delà du son entendu à l’allumage.

Pour préparer votre propre essai, quelques questions peuvent vous guider :

  • Préférez-vous sentir davantage de résistance sous les doigts ou une action plus légère ?
  • Jouerez-vous surtout au casque ou sur les haut-parleurs ?
  • Aimez-vous personnaliser votre son ?
  • Le partage du clavier entre basse et piano vous donne-t-il envie d’expérimenter ?
  • Souhaitez-vous diffuser des accompagnements depuis votre téléphone ?

Prenez le temps de les jouer

Chez Desevedavy Pianos, vous pouvez passer d’un instrument à l’autre, reprendre la même phrase musicale et écouter ce qui change. Apportez votre casque si vous en utilisez un au quotidien, et laissez-vous aussi quelques minutes pour découvrir les réglages.

Vous n’avez pas besoin de jouer un morceau difficile. Quelques accords, une mélodie connue ou vos premiers exercices suffisent déjà à ressentir des différences.

Retrouvez le comparatif complet en vidéo et venez découvrir le Yamaha YDP-146 et le Kawai CX102 chez Desevedavy Pianos, près de Nantes.

Et vous, lorsque vous essayez un piano, qu’est-ce qui vous donne immédiatement envie de continuer à jouer ?